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Texte tiré de : Québec Audio, Vol.2, no3, mai/juin 1995
Par : Marie de Vaud
Chaque boutique possède quelque chose qui la distingue. Audio Club,  rue St-Hubert, à Montréal, ne fait pas les choses comme les autres. Pierre Ayotte nous en parle.

Ce dernier, gérant de la boutique dès son ouverture, l’a acheté trois ans plus tard, précisément en 1980. Cette année, deux nouveaux associés se sont joint à l’équipe : Richard Gngras et Charles Trudeau, deux professionnels bien connus du monde de la haute fidélité montréalaise.

« La passion de la musique est à la base de mon implication dans le domaine, nous dit Pierre. En 1972, c’étais la vague des groupes britanniques, et travailler dans le domaine était la meilleure façon d’être en contact avec la musique ». Cette passion est d’ailleurs toujours présente chez Audio Club.

Si cette boutique a survécu contre vents et marée, il faut l’attribuer à sa ligne de pensée. «  Nous sommes dans un marché assez exigeant et les magasins spécialisés doivent être en mesure de répondre  de mieux en mieux aux exigences des consommateurs. Selon moi, le travail du spécialiste consiste à offrir un service sans égal, un engagement sans faille pour la qualité totale. Souvent, les boutiques ont tendance à imiter les grandes chaînes. Je vous donne un exemple : lorsqu’un client entre dans une boutique, qu’aperçoit-il?  Le système le moins performant, celui qui se détaille à 799$ et l’on s’étonnera de son choix! »

Audio Club s’est fixé des standards très élevés quant à la compétence, au service, à la qualité des produits et à la manière de mettre un client en contact avec la haute fidélité.

« Normalement, ce dernier devrait être en mesure d’entendre ce que l’industrie offre de meilleur afin d’être en mesure  de fixer lui-même le niveau de performance qui convient à ses propres besoins. S’il n’a jamais entendu une bonne chaîne audio ou vidéo, comment peut-il décider ce qui lui convient. Par contre, s’il peut écouter une gamme d’appareils de différents niveaux de performance, il sera capable d’évaluer leur qualité et faire son choix lui-même au lieu de confier son achat au vendeur ». Seule une démonstration peut révéler la performance d’un appareil. Chez  Audio Club,  ès son arrivée, on invite le client a écouter ce qu’il y a  de mieux. «  Et souvent, c’est l’ébahissement parce que le client ignorait qu’une bonne chaîne pouvait avoir un tel rendement! ». Pierre Ayotte insiste sur l’importance de la démonstration.  « Un client, par exemple, veut acheter l’ampli XYZ parce que la presse spécialisée en fait la huitième merveille du monde. Je peux tout simplement lui vendre cet appareil, mais le client ne fait pas le choix en fonction de ses propres attentes, s’étant laissé influencer par un autre. Quand à moi, j’opine dans le sens contraire, insistant pour que le client puisse entendre par lui-même , via une démonstration, où se situe l’appareil par rapport à  ce qui existe sur le marché.  Bien sur, cela exige l’effort de faire la démonstration, mais cela en vaut le coup.

Bref, Audio Club, ne vend pas le prix, mais la performance. En haussant ses niveaux de qualité, elle élève, par le fait même, ceux de sa clientèle qui aiguisera ainsi son sens critique. Mais tout ceci outrepasse la simple démonstration. « Il faut également qu’une boutique ressemble à une maison, qu’elle ait des salles d’écoute qui s’approchent d’un salon normal. Cela exige aussi qu’il n’y ait qu’une seule paire d’enceintes par salle et pas de commutateurs pour passer d’un appareil à un autre. Généralement, lorsque ces conditions sont respectées, tout le monde est facilement capable de percevoir les différences. Outre la fiabilité, la qualité totale implique aussi qu’un appareil de prix supérieur doit nécessairement sonner mieux qu’un appareil de prix moindre, sinon je n’ai aucune raison à l’offrir à mes clients ».

« Dans l’industrie, poursuit Pierre Ayotte, on retrouve énormément d’appareils dont les plus chers ne sont pas les plus performants. Tout cela n’a aucun sens. Si par exemple un lecteur cd coûte 3000$, il doit obligatoirement être plus performant qu’un de 2000$,  non? » Pour sortir de ce paradoxe, Audio Club ne retient que peu de marques. »  Nous sommes toujours à l’affût  de ce qui se fait de mieux dans le domaine, peu importe sa provenance. Si nous trouvons un produit qui est plus performant, nous l’offrirons à nos clients ».

Le niveau de compétence se mesure aussi aux critères utilisés pour sélectionner les appareils. « Chez nous, nous nous basons sur la musique. Ai-je de la facilité à suivre la mélodie de chaque instrument, le rythme est-il soutenu, les musiciens sont-ils intéressants? Ce sont ces mêmes critères qui nous encouragent à nous déplacer pour aller entendre un concert en direct. D’ailleurs, cette manière de procéder a fait ses preuves : lorsque l’un de nos clients revient nous voir, c’est souvent pour nous parler musique plutôt que d’appareils! Et il achète de plus en plus de disques. Il est anormal de voir des gens qui ont investi de grosses sommes dans l’achat d’une chaîne ne posséder que quelques disques seulement. Leur  chaîne ne serait-elle pas à la hauteur? Il faut se poser la question ».

Dans une demeure victorienne, Audio Club possède cinq  salles d’écoute, dont trois consacrées à l’audio et deux au cinéma-maison. L’on y assure la livraison et l’installation  après-vente. « Notre travail ne se termine pas lorsque le client achète sa chaîne , il ne fait que commencer!

La qualité de l’installation est primordiale sur le niveau de performance finale. Ainsi, nous insistons beaucoup pour ajuster et optimiser chacune des composantes chez le client. Nous assurons un suivi constant et offrons même d’aller lui réinstaller son équipement lorsqu’il déménage. Nous pouvons aussi discuter et évaluer les différentes possibilités qui existent afin d’avoir de la musique de qualité dans chacune des pièces de la maison ».

En guise de conclusion, laissons le mot de la fin à Pierre Ayotte. « Pour survivre, il faut absolument que les boutiques réussissent à développer une expertise qui soit significativement beaucoup plus élevée que celle des géants. Pour nous, l’accent doit porter sur la qualité, une démonstration  pertinente et le service. Nous avons compris qu’il ne faut plus travailler comme il y a vingt ans alors que nous n’avions pas à faire face  à une féroce compétition ».


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Textes rédigés par Patrick Blart Site Web géré par Montréal ISM